Bilan Emploi Formation Module 5. Diffusion/Annexes

Bilan emploi-formation

MODULE V

La diffusion du bilan et les prolongements du Guide

BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL

Département des politiques de l’emploi

Octobre 2008

SOMMAIRE

Leçon 10 : Les modalités de diffusion, de la restitution et de la validation du bilan emploi formation ………………………………………………………………………….. 3

A. Introduction…………………………………………………………………………….3

B. La phase de diffusion et de dissémination du bilan …………………………………..4

a. La diversité des supports 4

b. Les modalités de diffusion et de restitution 5

C. Quels prolongements ? …………………………………………………………………7

a. Au niveau international : la création d’un réseau de coopération autour du guide pour le compléter et l’enrichir 7

b. Au plan local : l’élaboration de bilans locaux emploi-formation 8

D. En guise de conclusion du module V ………………………………………………… 10

Leçon 10 : Les modalités de diffusion, de la restitution et de la validation du bilan emploi-formation

Objectifs pédagogiques de la leçon

L’objectif principal de ce dernier module, est de sensibiliser les apprenants sur le rôle central qu’ils doivent jouer pour permettre une appropriation et une endogénéisation du contenu du bilan par les acteurs et les institutions concernés par les problèmes d’emploi et de formation.

Il s’agit une nouvelle fois, d’amener les apprenants à adopter une véritable démarche participative avec les utilisateurs du bilan, pour améliorer le contenu du bilan achevé et lancer la démarche d’élaboration du bilan de l’année suivante. A cette phase, il s’agit tout autant de faire acquérir aux apprenants des savoirs faire relationnels et des « manières d’être » que des savoirs ou connaissances.

Les membres de l’équipe chargée de la restitution et de la validation du contenu du bilan doivent être tout à la fois : i) des animateurs qui ne se contentent pas d’une présentation consensuelle de la réalité mais qui n’hésitent pas à questionner tous les acteurs concernés sur les problèmes, les défis et les enjeux suggérés par le bilan, ii) des « médiateurs » entre des positions qui peuvent être contradictoires en fonction des « clients » du bilan, iii) des « facilitateurs » pour permettre l’expression des points de vue et des demandes d’éclaircissements.

A. Introduction

1. La leçon porte sur la dernière étape de la production du bilan. En même temps, elle marque la fin du séminaire de formation pour l’appropriation du guide. En réalité, il ne s’agit que d’une fin provisoire et non définitive. Il est proposé en effet de prolonger le séminaire et de le compléter à deux niveaux : i) au niveau international, celui du continent africain, ii) au niveau local pour compléter les bilans nationaux par des bilans locaux emploi-formation.

B. La phase de diffusion et de dissémination du bilan

2. Écoutez les pauvres. Que disent ils ? Comme ceux du Cameroun (cf. l’encadré ci-dessous), ils déclarent que le manque d’activité est la cause principale de leur pauvreté et que ce qu’ils demandent en priorité c’est d’exercer une activité. Ils témoignent, des liens directs et privilégiés qui unissent l’emploi et la pauvreté.

Etude de cas 19 ; Les déclarations des pauvres sur la relation emploi-pauvreté au Cameroun

Les déclarations des pauvres sur les causes de leur pauvreté  : Selon les déclarations des chefs de ménage, la première cause de la pauvreté serait le manque d’emplois. Plus de 4 chefs de ménage sur 10 estiment que cette cause vient en tête. Cette cause semble d’autant plus importante que les chefs de ménage qui ont choisi d’autres causes comme premières, ont retenu majoritairement la baisse ou l’insuffisance des revenus (16,8%) données qui peuvent être interprétées comme liées directement à des situations de sous-emploi.

Les demandes des pauvres sur la manière de sortir de la pauvreté : Les ménages estiment que la première solution à leur problème de  pauvreté réside dans la création d’emplois.

Source : Résultats de l’enquête camerounaise auprès des ménages ECAM II. Institut National de la Statistique. République du Cameroun

3. L’emploi est une préoccupation partagée par quasiment toutes les familles africaines. Rares en effet sont celles qui n’ont pas au moins un de leur membre touché par ce « cancer social ». Dés lors, il convient de faire de la promotion de l’emploi et de la formation une cause nationale majeure et urgente, au même titre que la lutte contre l’analphabétisme ou de la lutte contre le VIH/SIDA. Dans cette perspective, le bilan emploi-formation a un rôle majeur à jouer comme support de communication d’une campagne nationale de sensibilisation et de mobilisation pour que l’emploi soit effectivement retenu comme une préférence nationale partagée par l’ensemble des membres et acteurs de la société.

4. Cet objectif « politique » s’ajoute alors aux autres objectifs du bilan signalés dans la leçon 2 du guide (un bilan de l’emploi : pour quoi ?) Cette diversité des objectifs à laquelle s’ajoute, la diversité des destinataires et des utilisateurs du bilan, appelle une diversité des supports de diffusion du contenu du bilan et une diversité des modalités de sa restitution.

a. La diversité des supports

5. Dans un premier temps, le bilan est sous la forme d’un document papier. Il comporte trois parties dont le contenu a été présenté dans la leçon précédente (module IV). C’est ce document qui est soumis à la confrontation des partenaires utilisateurs pour le faire valider, avant qu’il ne devienne définitif.

6. Ce document principal s’accompagne d’un autre support papier qui porte sur l’évaluation des projets et des programmes ayant un impact direct sur l’emploi qui servira de document de travail pour le forum des initiatives (cf. ci après). D’autres supports sont à prévoir sous d’autres formes qu’un support traditionnel papier, bien adaptés aux publics que l’on veut atteindre du type : CD ROM, création d’un site internet. Une attention particulière est à apporter aux grands médias nationaux et locaux : radio, télévision, journaux pour les impliquer le plus activement possible dans la diffusion du bilan emploi-formation.

b. Les modalités de diffusion et de restitution

Il est proposé de retenir plusieurs modalités pour que la diffusion du bilan soit la plus large possible et atteigne les objectifs et les publics cibles visés. Pour leur mise en oeuvre (et le choix éventuel d’autres modalités) il est alors conseillé de se faire assister par des spécialistes des problèmes de communication. Plusieurs suggestions sont à envisager quant aux modalités de cette diffusion et cette restitution.

Les séances de restitution par producteur

7. Une première modalité consiste à organiser, quand le bilan est terminé, une séance de travail avec chaque institution mise à contribution pendant la phase de son élaboration. Ce qui est visé, c’est de s’écarter des pratiques courantes de l’administration en matière de transmission des rapports, sous la forme d’un simple envoi d’un courrier. Cette séance de restitution avec chaque groupe de producteur a plusieurs objectifs :

– leur rendre compte de l’utilisation qui a été faîte des données qu’ils ont transmises et vérifier auprès d’eux que toutes les informations disponibles ont été exploitées,

– leur faire critiquer et valider les analyses et les interprétations qui ont été tirées de ces données,

– les inviter à la manifestation nationale de restitution après les avoir informés sur les enjeux de celle-ci.

8. Au-delà de l’amélioration de la qualité et de la pertinence du bilan emploi-formation de l’année écoulée, cette initiative devrait faciliter et préparer le travail de collecte de données pour l’élaboration du bilan annuel suivant.

L’organisation d’une manifestation nationale d’un jour en trois temps

9. Cette manifestation s’inscrit dans la volonté de faire de l’emploi une cause nationale (cf. ci avant) à partir d’un débat impliquant toutes les composantes de la société, alimenté par un document de travail de qualité : le bilan emploi-formation. Celle-ci, sous la forme par exemple d’une « journée nationale de l’emploi et de la formation », devrait être l’occasion :

– de restituer et d’expliciter publiquement et de la manière la plus large possible, les différents éléments contenus dans le bilan, les questions qu’il pose et les solutions qu’il suggère pour les traiter de manière positive,

– de valider les analyses qu’il contient, de les critiquer et de les amender, en faisant de cette journée, un temps fort du dialogue social.

10. Il faut être très attentif à la manière d’associer les différents médias à cette manifestation en veillant à ce que sa couverture médiatique soit la plus efficace possible et en leur préparant des notes de synthèse ainsi que des fiches sur les éléments les plus saillants et les plus pertinents.

11. S’agissant de son déroulement, il est suggéré que cette journée s’organise en trois temps : i) un premier temps de présentation en séance plénière du contenu du bilan, ii) un second temps plus thématique sur la base de groupes de travail autour des différentes composantes du bilan, iii) un troisième temps sous la forme d’une séance plénière où un rapporteur de chaque groupe rend compte des travaux du groupe. Un préalable est incontournable : que les acteurs et les institutions associés à cette journée, soient bien informés sur le déroulement de la journée, sur ses objectifs et ses enjeux.

La restitution du bilan devant les instances chargées de la conception, du pilotage et du suivi du DSRP (Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté)

12. Le bilan emploi-formation est un des leviers et un des instruments de la démarche de conception, de pilotage et de suivi du DSRP (Cf. le module II, la leçon 2 du guide, « un bilan : pour quoi ? »). Plusieurs modalités d’intervention sont possibles en fonction du cadrage institutionnel du DSRP. L’idéal serait qu’il existe un groupe de travail thématique spécialisé sur l’emploi et la formation. Dans tous les cas il existe une procédure de suivi du DSRP qui aboutit en principe à l’élaboration d’un document annuel d’évaluation et de suivi (cf. le module I du guide, la leçon 1 sur le contexte).

13. En principe le bilan emploi-formation est annuel. Il est souhaitable que les dates de son achèvement correspondent aux dates de publication du rapport annuel d’évaluation et de suivi du DSRP. Une réunion de travail préalable conjointe du groupe de pilotage du bilan et du dispositif chargé du rapport annuel d’évaluation du DSRP, est l’occasion de confronter les observations du bilan avec celle du rapport annuel d’avancement du DSRP dans un souci d’enrichissement réciproque.

Le forum national des initiatives économiques

14. A plusieurs reprises, le guide fait état : i) de la diversité et de la multiplicité des initiatives de terrain à l’origine de dynamiques positives en matière d’emploi et de formation, ii) de la méconnaissance et de la sous estimation de ces initiatives, iii) de l’urgence qu’il y a à mieux recenser ces initiatives pour pouvoir les capitaliser. Une des rubriques du bilan porte (en fonction des informations disponibles), sur l’observation et l’évaluation de ces actions et de ces programmes ayant un impact direct sur l’emploi et la formation.

15. La diffusion individualisée de cette rubrique sous la forme d’un tiré à part, en même temps que l’on diffuse le bilan, est une opportunité à saisir pour faire mieux connaître et reconnaître toutes ces initiatives. Dans ce but, il est suggéré d’organiser une manifestation nationale de type forum au cours de laquelle serait débattu de la réalité de tous ces projets et actions, de leur impact, des difficultés qu’ils rencontrent et des moyens à mettre en oeuvre pour les amplifier et les consolider.

16. Ce forum pourrait être accompagné d’une foire-exposition où chaque initiative ferait l’objet d’un « poster » présenté et commenté par un de ses responsables. Pour inciter les porteurs de ces initiatives à en rendre compte, cette manifestation pourrait en outre être utilement assortie d’un concours qui primerait les meilleures initiatives retenues par un jury national.

Un séminaire annuel co- animé avec l’université nationale

17. Le but de ce séminaire serait de contribuer à la constitution d’une « culture » commune partagée par tous les acteurs et institutions concernés par l’emploi et la formation. Co-animé avec des universitaires nationaux, ce séminaire serait un lieu neutre de confrontation et de dialogue en dehors de tout enjeu de pouvoir. Prenant appui sur le bilan emploi-formation, ce séminaire annuel se déroulerait autour de trois séances correspondantes aux trois chapitres du bilan. Nul doute qu’un tel séminaire serait un moyen efficace pour la préparation du bilan de l’année suivante.

C. Quels prolongements ?

18. En l’état actuel, ce guide est à considérer comme un préalable qu’il convient d’enrichir comme support d’un processus d’apprentissage progressif continu. Dans cette perspective, deux prolongements semblent prioritaires : au niveau international du continent africain d’une part, au niveau local d’autre part sous la forme de l’élaboration de bilans locaux emploiformation.

a. Au niveau international : la création d’un réseau de coopération autour du guide pour le compléter et l’enrichir

19. Plusieurs initiatives ont été prises ces dernières années visant une meilleure coopération entre les institutions chargées d’améliorer les systèmes africains d’information sur l’emploi. Elles sont appuyées par plusieurs agences internationales dont en particulier : i) le BIT autour des observatoires de l’emploi et de la formation, ii) l’UNESCO sur les systèmes d’information concernant les systèmes de formation professionnelle et technique, iii) AFRISTAT en matière de concepts et d’enquêtes.

20. D’autres initiatives sont en cours. Ainsi, le BIT a commencé à travailler à l’instauration d’un réseau africain de la bibliothèque des indicateurs du marché du travail pour organiser des relations d’échange d’information et de méthode

b. Au plan local : l’élaboration de bilans locaux emploi-formation

21. Dans le domaine de l’emploi et de la formation on ne peut pas en rester au niveau national, qui est un niveau trop global. Les problèmes doivent être traités au cas par cas, de manière quasiment individuelle selon des modalités qui soient les plus proches possibles de la réalité et des niveaux où les problèmes se posent. Le niveau « local » est alors un espace nécessaire pour deux raisons : i) pour adapter aux contextes locaux, en fonction des problèmes particuliers, les modalités d’application des politiques nationales, ii) pour mettre en oeuvre des projets et des programmes décidés et gérés au niveau local, par les collectivités locales et territoriales et les nouveaux acteurs du développement (ONG, associations, groupements). La gestion locale de l’emploi s’inscrit ainsi dans un double mouvement de décentralisation et de déconcentration.

22. Au niveau local comme au niveau national, les besoins en matière d’information sur l’emploi et la formation sont sensiblement les mêmes. Il, visent les mêmes objectifs (d’aide à la décision, à la concertation et au dialogue social…). Dans les deux cas, le bilan local emploi formation est un produit majeur du système d’information sur l’emploi. S’agissant de son élaboration , on est confronté à de nombreuses difficultés et à un handicap notable qui tient à la quasi absence d’informations quantitatives, les données disponibles dans le champ de l’emploi et de la formation étant des données agrégées au niveau national et plus rarement au niveau régional sur la base d’échantillons représentatifs au niveau national mais pas au niveau local. Les informations nationales disponibles ont cependant plusieurs utilités. Elles jouent une fonction « d’alerte », de problématisation et d’interrogation à l’origine d’hypothèses à vérifier à l’échelon local et régional.

23. Dans le même temps, d’autres éléments sont plus favorables qui compensent ces difficultés. Ils tiennent au fait qu’au plan local, il est plus facile de mobiliser des réseaux d’acteurs et d’institutions qui sur la base de relations de proximité et de partenariat fonctionnent de manière plus intense en étant plus directement concernés par la gestion au quotidien des problèmes. Ces acteurs sont susceptibles de « produire » des informations détaillées et plus qualitatives. De ce fait, ils sont particulièrement utiles pour mieux identifier et caractériser les groupes cibles et pour mieux opérationnaliser auprès d’eux les dispositifs d’appui et d’accompagnement de la politique d’emploi et de formation. Ils ont en effet un rôle central d’intermédiation à deux niveaux complémentaires : i) entre le niveau local et le niveau central, et ii) au niveau local entre les institutions décentralisées et déconcentrées et les bénéficiaires de ces dispositifs.

24. Sur l’ensemble du continent africain, le processus de décentralisation et de déconcentration est en marche à des vitesses et avec des modalités variables. Il faut s’attendreà ce que les collectivités locales et territoriales, à plus ou moins brèves échéances, expriment des besoins d’information sur l’emploi et la formation pour l’élaboration d’un bilan emploi-formation local. Il est souhaitable d’anticiper ces besoins.

D. En guise de conclusion du module V

25. Les résultats attendus à l’issue du module V

– Le rapport sur le bilan de l’emploi formation est achevé. Validé par le comité de pilotage à la fin du module précédent, il est prêt à être diffusé.

– Les modalités de diffusion et de dissémination du bilan ont été arrêtées

– En liaison avec des spécialistes de la communication, différents supports en fonction des publics visés sont disponibles

26. Les difficultés prévisibles et attendues

– Ce sont celles de toute campagne de communication. Ce sont aussi les mêmes que l’on rencontre en matière de dialogue social compte tenu de la diversité et de l’hétérogénéité des attentes et de l’insuffisance d’une « culture » commune partagée.

– Il faut s’attendre par ailleurs à d’autres difficultés dont deux sont principales : i) des difficultés financières dans la mesure où toute initiative dans ce domaine a des coûts, ii) des difficultés qui tiennent aux ressources humaines disponibles, les membres de l’équipe chargée du bilan devant intervenir à la fois comme  animateurs,  médiateurs et  facilitateurs (cf. la présentation des objectifs pédagogiques de la leçon 10).

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