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19 mars 2012

Mon intervention Semaine de la Solidarité Internationale

L’aide au développement et les associations de résidents d’Echirolles originaires de pays africains
Intervention à la soirée d’échange organisée par ALESIAH dans le cadre de la « Semaine de la Solidarité Internationale » à Echirolles le 14 novembre 2011
André Rosanvallon. ALESIAH
Il ya un demi siècle, la majorité des pays africains obtenaient leur indépendance politique mettant fin à plusieurs siècles d’exploitation. Commençait alors une nouvelle ère, celle de la coopération technique entre ces pays et les pays du Nord. 50 ans plus tard, force est de constater que la coopération technique entre le Nord et le Sud (en particulier l’Afrique) ne marche toujours pas où marche très mal. En témoignent la persistance des famines dans plusieurs pays du continent, les inégalités croissantes entre le Nord et le Sud et entre les riches et les pauvres au Sud. Ce qui est alors en cause, c’est un demi-siècle de promesses jamais tenues, d’espoirs déçus… mais aussi de gaspillage de générosités militantes qui auraient mérité d’être plus mobilisées sur des opérations d’aide au développement. Sans aucun doute, parmi toutes les situations qui justifient que l’on s’indigne avec force aujourd’hui, l’une d’entre elle est particulièrement intolérable : c’est celle qui tient au sort que l’on réserve à la très grande majorité des populations des pays du Sud et du continent africain en particulier
Ce constat d’une crise de la coopération technique qui perdure,  fait l’objet aujourd’hui d’une grande unanimité parmi les acteurs de la communauté internationale (qu’ils soient donateurs ou bénéficiaires). Par contre, les diagnostics sur les causes  de cette très faible efficacité de l’aide au développement, eux diffèrent. Pour les donateurs et les bailleurs de fonds, cette crise est due au fait que les pays bénéficiaires n’appliquent pas de bonnes politiques et de bonnes méthodes de gouvernance[1], ce qui justifie qu’on leur impose tout un ensemble de conditionnalités incontournables (« On ne vous aidera qu’à la condition que…. ! »). Avec la quasi-totalité des intervenants de terrain dans ce domaine et avec les associations des populations bénéficiaires africaines, mes certitudes sont toutes autres. Ce qui ne marche pas, ce sont les stratégies et les pratiques d’aide qu’appliquent les pays donateurs.
Il y a urgence à sortir de cette crise de l’aide et d’engager une refondation générale des pratiques de coopération et d’aide au développement, tant là bas au Sud qu’ici au Nord, tant aux  niveaux central qu’aux niveaux décentralisés.
C’est dans ce contexte de crise et de recherche d’une nécessaire sortie de crise, que j’ai présenté les résultats d’une enquête sur les associations de solidarité internationale de résidents d’Echirolles originaires d’un pays africain, avant de suggérer quelques alternatives possibles à mettre en œuvre ici au Nord en matière d’aide au développement.
1. Les résultats de l’enquête auprès des associations échirolloises de solidarité internationale.
J’ai mené cette enquête dans le cadre de ALESIAH, à la fin de l’année 2010 et au début de l’année 2011. Comme le précise, le document qui en rend compte et intitulé « Répertoire des associations échirolloises de solidarité internationale » (ALESIAH, mars 2011) : « Ce répertoire, n’est pas un inventaire exhaustif de toutes les associations de solidarité internationale. Il est limité aux associations échirolloises, crées et animées à l’initiative (par ou avec) de résidents  originaires de pays africains et de Palestine. Pour être complet, il faudrait tenir compte de tout un ensemble d’autres initiatives qui ne figurent pas dans ce document : i) de toutes « les antennes » échirolloises des grandes associations nationales civiles (du type médecins du Monde, médecins sans frontière, architectes sans frontières, ingénieurs sans frontières….) ou confessionnelles (du type CIMADE ou CCFD…) ou, ii)  d’associations étrangères culturelles (du type espagnoles, portugaises, maghrébines…) qui développent  de manière plus accessoire des activités de solidarité avec leurs pays d’origine….iii) de toutes les associations locales de solidarité avec les populations défavorisées résidentes à Echirolles (du type le Secours Populaire Français, les Resto du cœur…) et iv) de toutes les associations et initiatives quasiment individuelles qui restent méconnues ou qui ne souhaitent pas se faire connaître publiquement ».
L’enquête porte sur 7 associations : Les amis de l’Afrique (République Populaire du Congo), Les amis de l’Isère (Guinée Konakry), l’ Association Tsararivotroa (Madagascar), La case de Yaba (Côte d’Ivoire), Echirolles-Palestine-Solidarité (Palestine), Femmes et Développement Rural au Cameroun (Cameroun), La maison du Bénin (Bénin).
Après la présentation de ces associations par les responsables des associations présentes[2](présentation qui mériterait un temps beaucoup plus long que celui qui leur était imparti en cette fin de journée), mon intervention s’est déroulée en deux temps autour i) de la présentation de manière plus synthétique d’une part, de la diversité de ces associations à travers les actions qu’elles mènent, et d’autre part ii) des similitudes et les points communs entre elles.
11. La diversité des activités que mènent ces associations
Leurs réalisations  sont multiples et multiformes tant ici à Echirolles que là bas dans leur pays et région d’origine en Afrique[3]
Les activités ici à Echirolles et dans la région
Une activité est spécifique à l’Association Echirolles-Palestine-Solidarité : l’organisation et l’animation de tout un ensemble diversifié d’actions militantes de solidarité avec le peuple palestinien (du type : envoi d’un bateau en Palestine, la campagne « boycott-désinvestissement-sanction…).
Pour toutes les associations, et selon des modalités variables, une activité est centrale. Elle consiste à mener des actions de sensibilisation, d’information et d’éducation auprès de différents publics (Case de Yaba, Femmes et Développement au Cameroun, Maison du Bénin…). Deux moyens sont privilégies : d’une part des interventions en milieu scolaire, et d’autre part l’animation de stages de danse, de chant et de contes… ou de restauration à domicile de plats africains (La Case de Yaba). D’une manière plus générale, ces associations assurent des fonctions pédagogiques d’interface entre ici et là-bas pour mieux faire connaître ici les cultures nationales et locales d’origine, les problèmes et les besoins de là bas… ou plus directement les produits locaux (Palestine, Cameroun..)
Une activité spécifique est particulièrement intéressante dans le domaine économique : l’aide à l’insertion professionnelle par l’économie de femmes africaines résidentes à Echirolles (Case de Yaba).
Les activités et les réalisations là-bas en Afrique
Trois familles d’activités sont plus essentielles, dans les domaines : éducatif, économique et de renforcement institutionnel :
Exemples dans le domaine éducatif
A Madagascar : construction d’équipements scolaires, de deux écoles primaires et d’une maison pour le logement des instituteurs payés par l’association
Au Cameroun : l’organisation de stages de formation en direction des femmes (santé, éducation des enfants) et des jeunes (sur le tourisme rural solidaire), ou encore, l’organisation du chantier de construction du marché sous la forme d’un chantier-école
Exemples  dans le domaine économique
En Palestine : création d’un atelier bois pour les handicapés du camp d’Askar, appui à la restauration du système d’irrigation de la vallée du Jourdain.
Au Cameroun : construction d’un marché couvert et d’un magasin de stockage et de dépôt du matériel agricole
Au Bénin : montage d’un atelier vélo à partir de vélos récupérés dans la région grenobloise
A Madagascar : apport d’équipements nécessaires à la construction d’un puits solaire
Exemples  dans le domaine du renforcement institutionnel
Création et renforcement d’associations de femmes en Côte d’Ivoire et au Cameroun
Aide à la mise en réseau des associations de base au Cameroun, avec la création d’un pôle local de développement associant les groupes de paysans locaux et l’association de femmes avec le projet d’insérer ce pôle dans le réseau « Colombe » qui regroupe 400 associations
Appui à la création d’une association de jeunes au Bénin et d’une association de pisteurs au Cameroun pour le développement d’activités du tourisme solidaire.
Les projets de ces associations là-bas en Afrique
En général, ces projets sont dans la continuité des opérations qu’elles ont menées précédemment pour les consolider et les renforcer. A titre d’exemple, on peut citer les projets suivants :
Dans le domaine éducatif :
Au Congo, la construction et la rénovation de constructions scolaires
En Côte d’Ivoire : la mise en place d’un dispositif de pensionnat pour la scolarisation des jeunes filles en dehors de leur village, ainsi que la réalisation d’une bibliothèque ambulante
Au Cameroun : le lancement de stages de formation professionnelle
Dans le domaine économique
Au Cameroun : l’extension du bâtiment de la femme ruraleavec la création d’un centre de documentation et d’information
A Madagascar : la réhabilitation d’un puits
Au Bénin : la création d’un village touristique
En Côte d’Ivoire : l’aide à l’insertion par le soutien à l’entreprenariat féminin et l’appui au secteur de l’économie sociale et solidaire
Un projet est particulièrement original que développe la toute jeune association « Les amis de l’Isère » en Guinée-Konakry. Il vise à améliorer la sécurité des bateaux artisanaux qui assurent la liaison entre l’île de Fotoba et la capitale Konakry pour le déplacement des villaeois et le transfert des poissons séchés aux habitants de la capitale.
12. Les points communs entre ces associations
Au-delà de cette diversité dans les réalisations et les projets des associations enquêtées, ces dernières présentent un certain nombre de similitudes et de points communs, tant en ce qui concerne leurs forces er leur richesse qu’en ce qui concerne leurs faiblesses et leurs limites.
Les forces de ces associations
a) La qualité et la richesse des solidarités militantes (sociales, économiques, culturelles) que portent et animent ces associations… dans un monde où de telles qualités deviennent rares.
b) Les nouvelles opportunités qu’elles offrent à partir des dynamiques qu’elles sont susceptibles d’entrainer dans les villages et les zones où elles interviennent.
c) Leur capacité à servir d’intermédiaires pour les populations bénéficiaires du Sud avec les acteurs et les donateurs du Nord. A ce titre, elles exercent ici au Nord, les fonctions qu’assurent en Afrique les acteurs que dans le langage du développement on appelle « les courtiers du développement » et qui ont fait l’objet de très nombreuses études et enquêtes[4]. C’est ainsi qu’elles servent d’intermédiaires utiles d’une part avec les donateurs du Nord (en particulier les collectivités locales) et d’autre part avec les opérateurs d’appui technique du Nord (du type ONG, associations de solidarité internationale, étudiants grenoblois stagiaires…).
Leurs faiblesses
L’évaluation précise et la plus exhaustive possible de ces limites et faiblesses reste à faire. A l’issue de cette première enquête on peut en citer un certain nombre qui tiennent :
a) à la faiblesse numérique de leurs moyens, humains et financiers en particulier. Certes, plusieurs ont pu bénéficier de subventions des collectivités locales. Mais ce financement reste très limité. Plusieurs associations se plaignent d’avoir beaucoup de difficultés pour se faire entendre par elles… alors qu’il faut s’attendre à ce que les associations aient des difficultés croissantes à mobiliser de tels financements compte tenu de la crise actuelle qui les frappe.
b) à leur atomisation dans la mesure où ces associations ayant très peu de contacts entre elles, se connaissant mal….entretenant entre elles plus des relations de concurrence (surtout par rapport aux donateurs) que des relations d’échanges et de confrontations d’expériences.
c) à leur « professionnalisme » souvent insuffisant pour pouvoir répondre et satisfaire les conditionnalités qu’imposent les bailleurs de fonds qui sont de plus en plus fortes, et pour faire face à la complexité croissante des dossiers de demande d’aide exigés.
C’est précisément parce que ces associations sont faibles qu’il est urgent de les renforcer (voir point III))
II. Le contexte de l’aide au développement et de la solidarité internationale au Sud : les pratiques de l’aide mises en œuvre par les donateurs
Sur le terrain, ces pratiques sont diversifiées en particulier selon la nature des donateurs, selon qu’il s’agit des grandes agences multilatérales (Banque Mondiale, Système des Nations Unies, Union Européenne..), des institutions relevant de la coopération française, et des institutions de la coopération décentralisée. Encore aujourd’hui ce sont les premières qui dominent très largement le monde de l’aide au développement, compte tenu des moyens qu’elles sont susceptibles de mobiliser. Leur modèle d’intervention est assez semblable autour d’un modèle « conventionnel » ou standard[5] de gestion des projets.
Ce modèle je le connais bien. Je l’ai pratiqué, en tant qu’acteur et intervenant (dans le cadre du système des Nations Unies PNUD et BIT) pendant plus de 30 ans à l’occasion d’une soixantaine de missions dans une quinzaine de pays africains. A la retraite, j’ai eu besoin de procéder à un bilan autocritique de mes interventions sur le terrain en Afrique dans ce cadre, autocritique que j’ai prolongé par la rédaction d’un manuel destiné à tous ceux (étudiants et volontaires non étudiants) qui s’engagent et/ou souhaitent s’engager dans la solidarité internationale. Mon ambition n’était pas de livrer « clés en main » un modèle idéal et généralisable à toutes les situations (lequel n’existera jamais), mais d’accompagner les « apprenants » à expérimenter des pratiques alternatives.
Il n’est nullement question ici de reprendre ici les différents points que j’aborde dans ce livre. Je me limiterai à examiner trois critiques majeures du « modèle conventionnel ou standard » en prenant appui sur mon expérience de terrain et sur les travaux des scientifiques en matière de développement[6], pour ne pas succomber aux dangers du moralisme et des démarches de nature idéologiques.
21. Les pratiques relevant du « modèle conventionnel »
Trois axes font l’objet de ce questionnement. Ils portent : i) sur la temporalité des projets, ii) sur le simplisme des approches qui les sous-tendent, et iii) sur le positionnement et le jeu des acteurs impliqués.
 Le temps des projets et le temps du développement
Le modèle conventionnel de gestion de l’aide est un modèle de gestion à court terme. Dans ce cas, le « temps d’un projet » est un temps court de l’ordre de quelques années (3 ou 4 ans en général). Ce temps court n’est pas le « temps du développement » qui lui est un temps long. Toutes les étapes sont de courte durée : depuis la phase des missions d’identification (souvent de l’ordre de la quinzaine) jusqu’à la phase d’évaluation par un expert (souvent de même durée). Quant à la phase d’exécution, le temps disponible est d’autant plus court qu’une partie importante de celui-ci est absorbée pour satisfaire aux exigences tatillonnes des donateurs et à l’épaisseur des dossiers qu’ils imposent. Tous les acteurs de terrain se plaignent d’avoir à avancer à « marche forcée ».
 Les donateurs veulent des résultats immédiats, immédiatement visibles. Depuis un demi-siècle on est toujours trop pressé.  On a oublié qu’un projet vaut plus par ce qu’il promeut que par ce qu’il produit.
Pour qu’il en soit ainsi, on ne peut pas se contenter de transférer des équipements clés en main (une école, un dispensaire, une route, un barrage…). Comptabilisera t-on un jour, par exemple, le nombre de puits qui ont été creusés en 50 ans en Afrique et qui n’existent plus aujourd’hui, faute d’avoir pris le temps de les inscrire dans la durée ? Pour éviter de telles impasses, il apparaît incontournable de mettre en œuvre des mesures d’accompagnement (qui ont l’inconvénient pour les donateurs d’avoir des résultats moins visibles) pour que les populations bénéficiaires puissent s’approprier les apports de l‘aide, faire vivre le projet et le prolonger. Cela suppose que l’on respecte les temps nécessaires d’apprentissage, de maturation et d’appropriation, lesquels sont tous des temps longs, dont on ne peut pas prévoir au départ la durée et les séquences d’exécution.
Le « simplisme » du modèle conventionnel… et la complexité inhérente à tout processus de développement
Dans le modèle conventionnel, la vie du projet est un processus assez simple. Le projet repose sur une succession d’étapes qui se déroulent de manière automatique et mécanique. Tout est prévu à l’avance et donc tout est « sous contrôle ». D’abord, on part de besoins définis ex ante, souvent sur la base de solutions « imposées » par les donateurs (voir ci-dessous) et de diagnostics plus ou moins arrogants. Ensuite, sur la base de ces solutions assimilées à des besoins, on se fixe des objectifs que l’on traduit en terme de résultats quantitatifs attendus à la fin du projet. Dans un troisième temps, on définit les activités à réaliser pour atteindre ces résultats. On construit alors le « chronogramme » du projet sous la forme d’un tableau qui pour chaque activité précise : qui fait quoi et à quelle date le résultat attendu sera disponible. Enfin dans un quatrième temps, on en déduit les coûts correspondants et on calcule, le montant de l’aide souhaitée ainsi que le budget prévisionnel du projet. A toutes ces étapes, il faut alors respecter rigoureusement toutes les prescriptions qu’impose le modèle conventionnel
Face à cette coordination mécanique, tous les acteurs des projets sur le terrain le savent bien : toute gestion d’un projet conventionnel se heurte à « deux tyrannies » : la tyrannie du chronogramme et la tyrannie du budget. On part de l’hypothèse que tout est maîtriser et « sous contrôle ». Il est obligatoire alors de respecter à la virgule et à l’euro près, tout ce qui a été prévu à l’avance.
Or la réalité objective du développement est toute autre. Le développement est un processus par définition complexe. Il repose sur des changements et des dynamiques humaines et sociales très souvent imprévisibles ex ante, parfois sous la forme de désordres apparents et d’inattendus. Il ne se laisse pas enfermer ni par des besoins ni par des cheminements définis ex ante pour résoudre des problèmes stables et circonscrits au départ. Ce qui est au cœur du développement, ce sont les notions d’incertitudes, de nécessaires aller-retour, de rapports de force, d’échecs à surmonter…et d’une manière plus générale d’indéterminismes.
Dans cette perspective, la seule stratégie possible est une « stratégie tâtonnante » ou une « stratégie chemin faisant ». Plutôt que d’ignorer la complexité, il faut l’accueillir, chercher à la comprendre, à l’anticiper, à l’analyser pour intégrer ses implications dans une gestion tâtonnante des projets… Il faut aussi introduire dans le budget du projet, une partie de « fonds souple » pour pouvoir financer des activités imprévues au départ mais déterminantes pour la suite, sans avoir à renégocier avec les donateurs les budgets de départ quand ils apparaissent obsolètes.
Les questions liées au positionnement et au jeu des acteurs individuels et collectifs
Ces questions sont aucun doute au cœur de la problématique sur l’efficacité ou la non efficacité de l’aide
Tous les scientifiques ne cessent de répéter une observation de bon sens, mais qui semble ignorée (sauf au niveau du discours) par les « théoriciens » du modèle conventionnel : « sans l’implication des acteurs, les changements ne peuvent tout simplement ne pas avoir lieu…quel que soit le pouvoir que possède le « changeur, c’est le « changé » qui reste maître de la décision finale», P. Bernoux, « Sociologie du changement»
Parmi les nouveaux mots du développement, certains reviennent en boucle : démarche participative, expression des besoins par les bénéficiaires, rapports de partenariat….La pratique sur le terrain est toute autre. Ce que l’on désigne par participation n’est le plus souvent qu’une pseudo-participation (on se contente d’informer sur les choix retenus en se limitant au moment du lancement du projet) ou qu’un alibi.
Deux constats sont particulièrement significatifs du positionnement et du jeu des acteurs dans le modèle conventionnel de gestion de l’aide : d’une part c’est l’offre qui détermine largement la demande, d’autre part un acteur est trop souvent absent : les associations des populations bénéficiaires
C’est l’offre (les donateurs) qui déterminent la demande (les bénéficiaires)
Toute intervention en matière d’aide met en contact une offre (« la main des donateurs ») et une demande (« la main des bénéficiaires). En toute logique, on pourrait supposer que c’est la main qui est déterminante. En réalité, il n’en est rien, c’est l’offre qui détermine la demande à toutes les étapes de la vie du projet : depuis l’identification des besoins, sa conception, sa mise en œuvre et son évaluation finale. Pour s’en convaincre, il suffit d’entendre la voix des acteurs au Sud.[7]
Dans la grande majorité des cas, les donateurs viennent avec leurs solutions que les bénéficiaires ne peuvent pas refuser (Comme nous le dit un proverbe africain « on ne peut pas refuser la main qui donne »). Au  départ leur rôle consiste à rechercher les problèmes qui vont justifier les solutions qu’ils « imposent »[8] alors que l’on peut se demander avec un autre spécialiste du développement D. Sogge « Si ce n’est pas l’aide au développement qui est un problème présenté comme une solution ». On est en droit de s’interroger sur la pertinence de ce qu’ils appellent un partenariattrop souvent les donateurs ne faisant pas véritablement confiance aux bénéficiaires.
La sous estimation des acteurs collectifs alors qu’ils sont multiples
Quand on va sur le terrain, on constate en Afrique (tant en milieu urbain qu’en milieu rural) un véritable foisonnement d’organisations collectives, d’associations à la base, de groupements (de femmes, de paysans, d’artisans, de jeunes…) préexistants à l’arrivée de l’aide. Or ce qui frappe, c’est la marginalisation de ces acteurs collectifs dans la vie des projets. Rares sont ceux qui ont une composante de renforcement de ces acteurs, sans lesquels, il ne peut pas y avoir de véritables appropriations des apports du projet, les populations étant trop pauvres pour intervenir en dehors des réseaux et des rapports de solidarité.
Souvent la mise en œuvre des projets va même à l’encontre de ces organisations que se donnent les populations bénéficiaires. Il en est ainsi quand les donateurs créent une association spécifique des bénéficiaires directs de l’aide qu’ils apportent (dans le but naturellement inavoué de pouvoir mieux contrôler les conditions d’utilisation de cette aide) concurrentes des organisations préexistantes, mais dotées de moyens sans commune mesure entre elles. La fin du projet marque alors la fin des associations spécifiques dans un contexte où les associations préexistantes ont été éliminées de fait dès le moment du lancement du projet.
Dans toute refondation de l’aide, une exigence est incontournable. Il s’agit der renforcer les organisations collectives que se donnent les populations bénéficiaires pour accompagner les dynamiques incertaines induites par tout processus de développement, plutôt que de les ignorer et/ou les marginaliser
Les pratiques relevant de la coopération décentralisée
La coopération décentralisée est elle une alternative aux critiques du modèle conventionnel ? Répondre à cette question n’est pas du tout aisé, pour au moins deux raisons. Premièrement la coopération décentralisée nous renvoie l’image de situations très contrastées et hétérogènes, qui nous invitent à se garder de toutes généralités qui risquent de devenir rapidement abusives. Deuxièmement et surtout, pour répondre à cette question il faudrait pouvoir disposer de résultats d’évaluation, ce qui n’est pas le cas.
L’évaluation des opérations de coopération décentralisée : une exigence incontournable
En matière d’évaluation des opérations d’aide au développement, les collectivités locales ne font pas mieux que les grandes institutions internationales… parfois même elles font plus mal ! Il y a urgence à développer en leur sein une véritable « culture de l’évaluation » et de pratiques en évitant deux écueils : d’une part la recherche de justification à postériori des options de départ, et d’autre part la simple comparaison des résultats quantitatifs obtenus avec les résultats attendus. Ce qui est en cause, c’est le développement d’évaluations – de type auto-évaluation – en y associant effectivement les bénéficiaires et leurs associations (et pas seulement les élus) pour apprécier l’impact de l’aide en terme de changements sociaux et économiques, en prenant appui sur les documents écrits de suivi du projet (rapports écrits de missions sur le terrain des délégations des collectivités du Nord, rapports d’avancement périodiques, rapports financiers…).
Il s’agirait de faire de l’évaluation (en cours de réalisation de l’action de type évaluation-suivi, et à la fin de celle-ci) un temps fort d’un co-apprentissage à la gestion d’une opération d’aide et un levier puissant d’une participation citoyenne à la coopération tant ici au Nord que là-bas au Sud.
Faute de telles évaluations ou du fait de l’insuffisance des évaluations disponibles, on est obligé de se contenter de simples hypothèses à vérifier (quelles soient positives ou négatives).
Parmi ces hypothèses, on citera :
– Au titre des avantages de la coopération décentralisée : la plus grande proximité des opérations avec la réalité et les acteurs du terrain ; leur plus grande souplesse au sein de dispositifs beaucoup moins bureaucratiques
– Au titre des limites : des opérations trop ponctuelles qui s’apparentent trop à du saupoudrage ; l’insuffisance de coordination avec les autres opérateurs de la coopération ; des cohérences limitées entre les composantes de ces opérations(« l’accumulation d’un tas de briques ne fait jamais une maison »)… ou encore des opérations qui se limitent trop souvent à des simples actions de transfert d’équipements du Nord vers le Sud plutôt qu’à l’appui à des opérations de développement….
D’une manière plus générale, la prégnance idéologique de la communauté internationale de l’aide est telle, que les nouveaux acteurs du développement (collectivités locales, ONG…) semblent avoir tendance à recourir – au moins de manière implicite – au modèle conventionnel, ce recours se présentant comme « devant aller de soi ». On serait devant une contradiction majeure : la généralisation progressive par imitation ou par obligation (dans le cadre par exemple de co-financements avec les bailleurs de fonds nationaux ou internationaux, du type Union Européenne) d’une démarche qui ne marche pas.
III. Quelles perspectives pour un renforcement des opérations d’aide au développement ?
Deux remarques préalables s’imposent. D’une part, il est illusoire de penser qu’il existe une solution miracle, parfaite et généralisable. D’autre part, il faut être réaliste. Pendant encore longtemps, le « modèle conventionnel » qu’imposent les grands donateurs, restera la référence incontournable, comme un passage obligé pour la recherche des financements de l’aide.
Toutefois des marges de manœuvre existent, des résistances sont possibles et impératives. Cela impose de nouvelles initiatives au Sud comme au Nord. Dans mon livre sur « La gestion des opérations d’aide au développement » je me suis permis d’avancer un certain nombre de suggestions et de recommandations en ce sens. Sans les reprendre dans le cadre de cette intervention pour des questions de temps, je me contenterai d’évoquer un point particulier qui me semble significatif, autour d’un enjeu majeur qui consiste à développer ici (au Nord et à Echirolles) des pratiques alternatives pour inspirer et susciter de nouvelles pratiques là-bas en Afrique, en prenant le cas des organisations locales de résidents originaires d’Afrique (voir la partie I).
Personne ne conteste la nécessité d’établir un véritable partenariat avec les acteurs du Sud, dans toute démarche de coopération et d’aide au développement. Par contre, au-delà de ce consensus souvent de façade, et pour qu’il en soit ainsi, il faut commencer ici au Nord. Comment peut-on envisager d’être en capacité d’intervenir en partenariat au Sud, si l’on n’est pas capable de le faire ici avec les associations de résidents originaires du Sud ?
Dans cette perspective, et à titre de propositions trois axes pourraient être privilégiés : i) se donner les moyens pour mieux connaître ces associations ; ii) mettre en place un dispositif institutionnel de partenariat ;iii)  renforcer ces associations
31. Mieux connaître ce tissus associatif
La réalisation d’un répertoire de ces associations à Echirolles (voir le point I) est un premier pas, qui en soi est déjà particulièrement intéressant. Il faut prolonger ce travail visant à mieux les connaître, pour les faire mieux connaître, et surtout pour les faire reconnaître.
Cela suppose :
– que l’on complète l’enquête pour la rendre plus exhaustive,
– que l’on actualise chaque année cette enquête en mobilisant éventuellement des lycéens volontaires que l’on pourrait initier à cette occasion aux méthodes d’enquête,
– que l’on diffuse les résultats de ces enquêtes selon des modalités qui restent à définir.
32. Mettre en place ici à Echirolles, un dispositif institutionnel de partenariat
L’objectif serait d’associer plus directement les acteurs de ce tissu aux différentes étapes de la dynamisation des politiques de coopération décentralisée (depuis sa conception et sa formulation jusqu’à sa mise en œuvre sur le terrain et son évaluation). Une telle initiative aurait entre autre avantage de mobiliser utilement pour tout le monde, l’expertise et les connaissances de terrain dont disposent ces associations (en particulier au plan culturel trop souvent sous-estimé par les décideurs du Nord).
Dans cette perspective, il serait souhaitable de constituer et de faire vivre un « comité de pilotage » avec la participation des associations de résidents originaires des pays du Sud.
A Echirolles, un tel dispositif ayant une fonction de consultation et non de décision – laquelle – reste de la compétence des élus – pourrait être très utilement animé par ALESIAH.
33. Le renforcement de ce tissu associatif
Répétons le, c’est parce que ces associations sont faibles qu’il faut les renforcer pour pouvoir mobiliser tous leurs potentiels trop souvent gaspillés. Plusieurs pistes sont envisageables :
– Faciliter la constitution de réseaux entre associations et avec les opérateurs techniques et financiers, pour passer de rapports concurrentiels à des rapports d’échange d’expériences (positives et négatives) par pays et par thème, en s’inspirant de la démarche de Cités Unies France dans ce domaine,
– Aider au rapprochement entre ces associations et le monde universitaire grenoblois, pour mieux mobiliser les opportunités que ce monde recouvre à partir de ses enseignants-chercheurs (surtout quand il existe comme à Grenoble des masters professionnels dans ce domaine), et de ses étudiants (éventuellement futurs stagiaires),
– Créer à Echirolles, une antenne décentralisée au niveau départemental de l’association COSIM (Collectif des Organisations de Solidarité Issues des Migrations),
– Renforcer le professionnalisme de ces associations par l’intermédiaire d’activités de formation selon des modalités à définir en fonction de l’expression de leurs besoins. A ce titre, il y aurait certainement intérêt à compléter les « formations citoyennes » animées par la Maison des Associations, par des formations plus centrées sur l’ingénierie des projets et opérations d’aide au développement.
Conclusion : quelles suites ?
Trop souvent, la préoccupation concernant le montant de l’aide  est prédominante. Sans nier son importance, la question semble être moins celle de son montant[9] que celle des modalités de sa mise en œuvre. Nous avons tenté de montrer que dans le contexte actuel, la recherche de pratiques innovantes avec le monde des associations et des organisations collectives était une exigence majeure et prioritaire dans la perspective d’une aide capable de contribuer à un véritable développement durable[10].
On ne peut pas continuer à reproduire à l’identique des démarches qui marchent mal ou pas. Au contraire, il faut généraliser des démarches en trois temps : un premier temps d’expérimentation, un second temps d’évaluation, avant un troisième temps de généralisation en tenant compte des résultats de l’évaluation.
Naturellement c’est aux acteurs de la coopération  décentralisée et aux associations précédemment décrites à en décider. La balle est dans leur camp.

[1] Naturellement les pratiques de corruption assez généralisées  parmi la grande majorité des pays bénéficiaires de l’aide sont intolérables. On ne doit pas oublier cependant que pour qu’il y ait des corrompus, il faut des corrupteurs !
[2] Je profite de cette note pour réaffirmer combien au cours de cette enquête j’avais été impressionné par l’intelligence que les responsables des associations interrogés  avaient vis-à-vis des problèmes de développement et par la qualité de leur expertise. Je me répète, j’ai beaucoup appris à leur contact et les en remercie avec la plus grande sincérité.
[3] Pour plus de détails on consultera le document  déjà cité : Répertoire des associations echirolloises… »
[4] Ceux ou celles qui sont intéressés (es) sur ces acteurs peuvent se reporter à mon livre « La gestion des opérations d’aide au développement » page216
[5] Plusieurs manuels existent qui présentent ce modèle conventionnel, en particulier celui publié par l’Union Européenne
[6] Ce qui est particulièrement frappant, c’est la cécité intellectuelle (pour ne pas dire plus) des tenants du « modèle conventionnel ». Comme je l’explique de manière détaillée dans mon livre, le modèle de développement qui sous-tend leurs pratiques (lequel s’inspire du modèle de gestion des entreprises capitalistes) est à l’opposé des résultats des travaux de tous les scientifiques de sciences sociales dans le champ du développement (anthropologues, sociologues, ethnologues, économistes du développement…)
[7] Sur quelques extraits de ces paroles, voir mon livre page 81 et la publication du GRAD « Aider n’est pas donné…)
[8] Cf le très utile livre de JD Naudet « Vingt ans d’aide au Sahel : trouver des problèmes aux solutions »
[9] L’aide peut devenir excessive quand elle entraîne des processus de dépendance
[10] Les événements récents du « printemps arabe », nous rappellent l’importance de la société civile pour l’après chute des dictateurs. Il faut en tirer les leçons car sans aucun doute, il y aura à des dates impossibles à prévoir, des révoltes aussi fortes en Afrique au Sud du Sahara
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19 mars 2012

Publication tome 3 de la BD « Agathe » : la BD de la coopération internationale

Le GRAD (Groupe de réalisation et d’animation pour le développement) vient de publier le troisième tome d’une très belle et très riche « Bande Dessinée » intitulée « Agathe »dans le domaine de la relation internationale. La BD relate relate l’histoire d’une chargée de mission coopération internationale à travers ses différentes missions sur le terrain.

Le texte ci-dessous reprend l’avant propos que j’ai signé, en introduction de ce troisième tome.

Ses études universitaires achevées après la soutenance de son mémoire(voir « Agathe,agent S.I. »), Agathe part au Burkina Faso, embauchée pour la section « Appui aux femmes » dans un programme public de développement rural. Son histoire croise alors plusieurs autres trajectoires individuelles et collectives qui s’inscrivent toutes dans des démarches de coopération internationale :

  • des projets de la coopération décentralisée au Burkina Faso ;
  • deux programmes au Sri Lanka : un programme de maintien de la paix et un programme de soutien de la pêche artisanale ;
  • un aménagement urbain dans les favellas au Brésil, dont la mise en place de réseaux locaux de crèches et de banques alternatives.

« Agathe » n’est pas une publication ordinaire dans un domaine – celui de la coopération internationale – où la littérature est volumineuse. Elle utilise un support original, et surprenant à priori : la bande dessinée. « Agathe » est une BD conçue et réalisée par le GRAD, et qui -pour l’instant -comprend deux tomes :

  • un tome I « A la découverte de la solidarité internationale »,
  • et ce tome II « Travailler dans la coopération internationale ».

Il s’agit d’histoires illustrées sous la forme d’une suite de dessins qui servent de support graphique à des constats et des analyses sur la réalité de la coopération internationale
Le risque, dans ce type d’exercice, est de privilégier la forme, les côtés ludiques et la dimension amusement de la BD, au détriment du fonds. Ici, il n’en est rien. Le mérite de cette publication est d’être à la fois esthétique et agréable dans sa forme et particulièrement réussie et pertinente quant au fonds. Elle est tout à la fois plaisante et sérieuse.
S’agissant de la forme, on doit reconnaître la qualité narrative des dessins et du graphisme. Les personnages et leurs visages sont toujours très expressifs. Les décors rendent bien compte de la beauté, parfois de la laideur, des paysages. L’utilisation de « textos » au bas d’un grand nombre de dessins est une riche trouvaille qui donne de la convivialité à la narration. D’une manière plus générale, la forme est particulièrement bien adaptée au fonds et renforce le caractère décapant du contenu.
S’agissant du fonds, « Agathe » est sans aucun doute un efficace outil pédagogique compléte les autres publications du GRAD. Ce deuxième volume a plusieurs mérites :

  • c’est un média de sensibilisation et de formation pour ceux qui veulent s’engager ou qui agissent déjà dans la coopération internationale, tant sur les aspects positifs de ces taches que sur leurs aspects négatifs. Il relate des moments d’enthousiasme (sentiment d’être utile, hospitalité et générosité des populations impliquées, ouvertures interculturelle et interpersonnelles…) et des moments de découragement et de « galère ». Et des coléres aussi ! Quand, par exemple, des bailleurs de fonds ou des partenaires de la coopération décentralisée imposent des prescriptions et des pratiques qui ne « marchent » pas ou parfois sont nocives.
  • c’est un « média » réussi d’initiation et de formation qui renouvelle et actualise la manière de traiter de ces problèmes. C’est un support pédagogique qui rend compte de la diversité des modalités de coopération internationale (humanitaire, aide au développement, coopération multilatérale, bilatérale, décentralisée…). Il utilise les mots du langage du développement (cadre logique, arbre à problèmes, participation…fonds non affecté d’avance). Il insiste à juste titre sur la diversité et les contradictions dans les jeux et les stratégies des acteurs ( Nations Unies, Etats, agences d’aide, collectivités locales, ONG, organisations paysannes, groupements féminins….). D’une manière plus générale, la publication rend compte de plusieurs critiques et limites des pratiques courantes actuelles du système d’ aide internationale. Elle témoigne de l’ampleur et de la diversité des enjeux qui sont, bien ou mal, pris en compte par les acteurs locux et étrangers. Elle est une invitation permanente à s’interroger, à faire autrement, sinon à penser autrement.
  • c’est une forme intéressante de captation et de capitalisation d’expériences et un mode particulièrement pertinent d’échange et de diffusion de celles-ci . Soulignons l’intérêt des lexiques présentés à la fin de la BD et qui vise à définir les « mots clés » utilisés dans le texte. Dans le premier tome , 50 expressions avaient été présentées, 40 le sont dans celui-ci, faisant de cette « bande dessinée » une introduction aux 90 fiches « Pour aller plus loin » en cours de publication sur le site http://www.grad-S.net. Chacune de ces dernières, de une à vingt pages par mot clé, apporte (ou signale) des documents d’origine orale ou écrite.

« Agathe » est donc un instrument– et pas seulement une bande dessinée – à recommander vivement à tous ceux et celles (et à leurs employeurs) qui s’interrogent sur leurs pratiques, sur le sens de leur engagement pour un monde plus solidaire et sont à la recherche de pratiques individuelles et collectives alternatives.
Et, au fur et à mesure de sa construction, le site deviendra -à la fois- un outil de référence pour les étudiants et un lieu convivial d’échanges pour les acteurs de la coopération.

André Rosanvallon

** Les deux tomes de la bande dessinée Agathe sont en vente sur la boutique en ligne du GRAD

19 mars 2012

Cahier de la cooperation décentralisée. Coseil Général 38

Le Conseil Général de l’Isère à publié en janvier 2012, le premier numéro de sa revue « Cahier de la coopération décentralisée. Pour un développement durable ».

PRÉSENTATION…………………………………………………………………..4

I/DÉVELOPPEMENT DURABLE : DE QUOI PARLE-T-ON ?…………….7
La naissance du concept
Des enjeux internationaux
Les principes du développement durable
Finalités du développement durable
L’agenda 21, une stratégie politique de développement durable


II/MÉTHODOLOGIE ET PRINCIPES D’ACTION…………………………13

Les différentes phases d’un projet de développement à l’international
Les indicateurs de résultat
L’amélioration continue du projet
Principes d’action
Quelques questions à se poser tout au long du projet


III/
FICHES THEMATIQUES………………………………………………….21
N°1 : L’approche genre
N°2 : L’économie sociale et solidaire


CHARTE DE LA COOPÉRATION DÉCENTRALISÉE POUR LE


DÉVELOPPEMENT DURABLE…………………………………………………37


BOÎTE À OUTILS

19 mars 2012

Bienvenue à tous !

Bienvenue sur mon blog !

André Rosanvallon